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    <title>Le Blog d’Arès Ventures</title>
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    <description>Vous trouverez ici les Notes du Lundi publiées depuis le 1er décembre 2008 ainsi que d’occasionnels billets dictés par l’évènement ou le courrier.</description>
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      <title>Le Blog d’Arès Ventures</title>
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      <title>Les étapes de l’investissement - NdL 65</title>
      <link>http://www.aresventures.com/Site_Ares_Ventures/Blog/Entrees/2010/3/1_Les_etapes_de_linvestissement_-_NdL_65.html</link>
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      <pubDate>Mon, 1 Mar 2010 18:51:29 -0800</pubDate>
      <description>La question nous est souvent posée : à quel stade intervenez-vous ?  La taxinomie franglaise de la profession distingue : Seed, Early Stage, Mid Stage et enfin Late Stage.  À la toute première étape, comme Seed le suggère, nous semons. C’est le stade du ‘’garage’’, référence à celui de Bill Hewlett et David Packard à Palo Alto, devenu lieu de pèlerinage et musée. Nous disons aussi ‘’un homme et un chien’’ : l’équipe qui vient nous exposer une idée. Le plus souvent, pas de prototype, pas de business plan et, soulagement, pas de PowerPoint. Les lettres de créance, l’expérience de l’entrepreneur et ses croquis au tableau blanc suffisent.   L’idée nous intéresse, nous convenons d’investir $250K ou plus pour lui donner corps, rédiger un début de business plan, esquisser un modèle économique et peut-être embaucher un ou deux collaborateurs pour un premier prototype. Dans la Vallée, nous pouvons facilement petit-déjeuner (en Californie du Nord, on déjeune peu et de toute façon vite) avec l’inventeur, suivre de près ses premiers pas. Ce n’est pas de mise pour ArèsVentures, nous allons chercher nos entrepreneurs en France : nous ne pouvons semer à distance.&lt;br/&gt;Deuxième étape : Early Stage. Les premiers pas sont rassurants, l’idée se concrétise, les croquis font place à une démonstration encore fragile, on voit se dessiner un marché ‘’solvable’’, des clients (ou des annonceurs) nombreux et prêts à dépenser. Six mois ont passé, la mise initiale est dépensée, il faut songer à bâtir une entreprise, une équipe, un commerce autour de la jeune pousse qui sort de terre.  Le montant à investir pour ‘’suivre’’ va de $2M à $5M ou plus, suivant le produit ou service. Nous recrutons alors un ou plusieurs co-investisseurs pour former un groupe appelé ici syndicate. Ce sont les vrais débuts de l’entreprise maintenant pleinement constituée. Comme la précédente, cette étape Early Stage ne se prête pas à un investissement transatlantique. Monter un ‘’syndicat’’ dans ces conditions, le faire fonctionner pendant le décollage, phase qui nécessite des ajustements délicats, continuer de suivre l’équipe dirigeante semaine après semaine, tout cela ne se fait pas à dix mille kilomètres de distance.&lt;br/&gt;Nous arrivons maintenant au Mid Stage. L’entreprise a fait ses premières preuves, le produit, le marché, le modèle économique commencent à confirmer la décision de l’étape précédente. Notons le ‘’commencent’’ : à ce stade, nous ne nous attendons pas à une l’entreprise devenue autonome, à ce qu’elle soit cash-flow positive. Et même si c’était le cas, les prochaines étapes de son développement, la nécessité d’occuper rapidement le terrain, de prévenir les attaques de la concurrence pourraient exiger des sommes supplémentaires.  C’est là que notre société peut intervenir. Notre raison d’être, on s’en souvient, est l’aide aux entreprises françaises du high-tech qui ont besoin d’une implantation dans la Vallée. Pour elles, c’est le moyen de prendre leur dimension mondiale, de pleinement exprimer leur potentiel et, depuis le bord du Pacifique, de mieux accéder aux marchés d’Asie. Nous aidons l’équipe dirigeante à s’implanter ici, à s’intégrer à l’écosystème local, à s’en faire accepter, tout en conservant l’essentiel des activités techniques en France. Notre métier de service aux entrepreneurs peut alors s’exercer au contact permanent des dirigeants.  Pour les investisseurs français des étapes précédentes, nous sommes un complément, un relais : ne pouvant intervenir aux stades précédents, nous contribuons à valoriser leur investissement dans un territoire, un contexte culturel où ils n’investissent que rarement.  Dans notre rôle de ‘’pont’’ entre la France et la Silicon Valley, le Mid Stage est notre coeur de cible.  Cette formule demande des sommes plus élevées qu’aux étapes précédentes et elle comporte des risques humains, culturels liés au transfert de l’équipe dirigeante.  De l’autre côté de la balance, un intervalle plus court entre notre mise de fonds et une ‘’sortie’’, ce qui améliore le TRI (Taux de Rendement Interne) pour nos investisseurs. De plus, parlons un peu crûment, notre entrée au capital de la jeune pousse a lieu après l’étape de la mortalité infantile, ce qui diminue aussi notre risque. Enfin, politiquement, nous assurons la présence continue d’investisseurs français au capital de l’entreprise et la possibilité d’une reprise par de grands acteurs industriels français.&lt;br/&gt;Reste le Late Stage. Ici, il s’agit plus de ce qu’on appelle du capital développement que du capital risque. Par exemple, l’entreprise a besoin de capitaux pour une opération de fusion/acquisition devant conduire à une meilleure ‘’sortie’’ ultérieure. Cette étape est plus proche de l’ingénierie financière que de l’entrepreneuriat. Nous n’y interviendrons que rarement, pour protéger notre investissement.&lt;br/&gt;Pour revenir au but exprimé ici, que le prochain Google soit français, nous l’atteignons au moyen d’investissements Mid Stage, en collaboration avec les pros du capital risque français pour qui nous assurons un relais vers la Vallée. </description>
    </item>
    <item>
      <title>Désordre prometteur - NdL 64</title>
      <link>http://www.aresventures.com/Site_Ares_Ventures/Blog/Entrees/2010/2/22_Desordre_prometteur_-_NdL_64.html</link>
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      <pubDate>Mon, 22 Feb 2010 15:40:47 -0800</pubDate>
      <description>Commençons par un constat, ou une confirmation : les plus grandes manifestations de l’informatique ne sont plus les défunts Comdex ou NCC (National Computer Conference).  Aujourd’hui, ce sont le CES (Consumer Electronics Show), qui se tient à Las Vegas sur la tombe des précédents, et la Mobile World Conference (MWC), qui vient d’avoir lieu à Barcelone.  Notons le déplacement vers l’Europe pour la nouvelle ère de l’informatique mobile, des smartphones. Ce n’est que justice dans un domaine où l’infrastructure américaine, les opérateurs, les mentalités sont en retard sur ceux du ‘’vieux continent’’. Notons aussi, avec ces deux manifestations, que c’est autour du consommateur que gravitent aujourd’hui les innovations du high tech.  Tout cela dérange les tenants de l’ordre établi – et réjouit le coeur d’un investisseur toujours à la recherche de ruptures.  Le dérangement se voit aux contorsions des ‘’anciens’’. Par exemple, roi de l’informatique classique, Intel ne réussit pas à insérer ses processeurs dans les nouveaux objets. Ces derniers sont universellement animés par l’architecture moderne &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Architecture_ARM&quot;&gt;ARM&lt;/a&gt;, une invention de la vieille Angleterre. Intel se souvient des avantages du modèle économique de l’empire Wintel (Windows + Intel) : à coût et mérite technique égal, un microprocesseur compatible Windows se vendait nettement plus cher qu’une puce incompatible avec le logiciel de Bill Gates. Dès lors, pourquoi ne pas amorcer un nouveau duumvirat ? Puisque Microsoft n’arrive à rien avec Windows Mobile, erreur culturelle, ‘’comme Windows, mais en plus petit’’, lançons notre propre OS, système d’exploitation. Ce sera Moblin. Comme l’acronyme le laisse entendre, c’est un dérivé de Linux pour mobiles. Aucun succès.  De son côté, Nokia se fait du souci. Champion mondial du mobile, sauf aux US où la marque n’arrive pas à percer, le constructeur finnois voit RIM (Blackberry), Google (Android) et Apple (iPhone) grignoter sa position dans le segment le plus profitable, le haut de gamme. Pire, les dirigeants de Nokia, sans le reconnaître publiquement, voient que leur système d’exploitation actuel, Symbian n’est pas en mesure de faire pièce à Google ou Apple, et que leur version de Linux pour mobiles, Maemo, n’intéresse pas vraiment les développeurs d’applications.  La solution ? Une de ces ‘’alliances stratégiques’’ dont sont friands les stratèges des états-majors chargés de pacifier les patrons égarés dans un monde qu’ils ne comprennent plus. Combinons les deux systèmes d’exploitation, appelons le résultat MeeGo. Voilà qui assurera la grâce et l’agilité dont les programmeurs et les utilisateurs sont friands.  Je vous épargne la langue de bois, l’execuspeak de rigueur. Les anglolectes trouveront ici un article du site du New York Times, discrètement sarcastique. Peut-être Intel espère-t-elle que Nokia adoptera un futur microprocesseur Intel pour un smartphone ou, qui sait, une tablette. Ou bien est-ce une façon de se débarrasser d’un projet sans avenir grâce à deux équations canoniques : Moblin + Maemo = MeeGo ; suivie de MeeGo = Maemo et le tour est joué, Moblin disparaît sans scandale.  Mais il y a mieux : WAC (Wholesale Applications Community), consortium de 27 entreprises, pas moins, opérateurs pour la plupart, avec trois constructeurs ennemis jurés : Sony Ericsson (déjà une belle alliance) et les coréens LG et Samsung.  L’idée est de créer un système, unifié, de distribution d’applications, unifiées, pour smartphones. Une chose est de se mettre d’accord sur l’alphabet Morse ou un protocole Internet, chacun travaille ensuite de son côté à communiquer des choses différentes sur la base établie, aucune collaboration, aucun compromis ne sont ensuite nécessaires. Une autre est de faire travailler de concert 27 entreprises différentes par la langue, la nationalité, les intérêts. C’est tellement fallacieux qu’on se prend à espérer que les chefs savent qu’ils racontent des sornettes. Sinon...  Leur motif est connu : l’App Store, le système de distribution (et de paiement) des applications pour iPhone, iPod Touch et, demain, iPad, fait scandale, il embarrasse, il fait peur. En à peu près 18 mois depuis le lancement, 3 milliards d’applications téléchargées, 150.000 programmes disponibles. Ces flux, cette masse affaiblissent la position des opérateurs qui rêvent encore de retarder le moment où ils ne seront rien d’autre que des FAI (Fournisseurs d’Accès Internet) sans fil. Ne parlons pas de la menace sur les fabricants de smartphones dénués d’une imposante bibliothèque d’applications.  Il faut réagir, mais pas avec une telle usine à gaz, chère et inefficace. Google déploie son Android Market, et Nokia son bazar &lt;a href=&quot;http://www.ovi.com/services/&quot;&gt;Ovi&lt;/a&gt;, deux marchés en ligne pour applications, deux initiatives avec chacune un patron et un seul aux commandes. Pourquoi essayer de faire plus compliqué et plus cher ? Gageons que la WAC sera discrètement enterrée.&lt;br/&gt;Ici, ce désordre nous ravit. Il prouve que, dans le nouveau monde des smartphones et produits similaires, les ‘’anciens’’ ne dominent pas. Les entreprises ‘’titulaires’’ sont incapable d’étouffer les jeunes pousses, les entreprises sans passé, agiles, innovantes que nous ne serons que trop heureux de financer. Les maladresses des entreprises historiques désorientées montrent, une fois de plus, que la culture pèse plus que la stratégie. &lt;br/&gt;Enfin, mes propos pourraient appeler une question : vous critiquez, mais que feriez-vous à la place de ces grandes entreprises établies ? Je m’efforcerai d’y apporter quelques éléments de réponse dans une prochaine Note du Lundi. </description>
    </item>
    <item>
      <title>Le prochain Steve Jobs - NdL 63</title>
      <link>http://www.aresventures.com/Site_Ares_Ventures/Blog/Entrees/2010/2/15_Le_prochain_Steve_Jobs_-_NdL_63.html</link>
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      <pubDate>Mon, 15 Feb 2010 21:09:29 -0800</pubDate>
      <description>Bravo, excellente idée, m’écrivent certains lecteurs. Ils se réfèrent au billet du 25 janvier : Le prochain Google est français.  Mais, ajoutent-ils, ‘En France, où allez-vous trouver les prochains Steve Jobs, Larry Page ou Sergueï Brin, co-fondateurs de Google, Larry Ellison, le condottiere fondateur d’Oracle et tout récent vainqueur de l’America’s Cup, ou encore Bill Gates ?’  Ce serait oublier que nous avons de nombreux exemples de notre génie national, qui vont, que les autres me pardonnent de ne pas les citer, de Bernard Liautaud, fondateur de Business Objects, à Xavier Niel, (Free), des frères Guillemot, fondateurs d’Ubisoft, l’éditeur de jeux, à Pierre Bellanger, le patron de Skyrock, ou encore Patrick Albert et Pierre Haren, fondateurs d’iLog.  Mes correspondants soulignent les obstacles réglementaires ou culturels, qui sont d’ailleurs deux versions de la même obstruction, issues du ‘’système français’’.  Optimiste, je vois dans ce chemin de croix que doit suivre l’entrepreneur une ordalie, j’abuse un peu du terme, disons une série d’épreuves formatrices qui l’aguerrissent et aiguisent son esprit d’initiative. Reste qu’il nous faut trouver, reconnaître ces individus et, ensuite, les aider à réaliser leurs projets. La seconde tâche, nous le verrons, n’est pas plus simple que la première.  Pour commencer, à quoi ressemblent ces futurs capitaines d’industrie ? Ce ne sont pas les individus les plus sociables, les plus agréables de la planète. Ils sont agités, ils n’ont pas toujours été appréciés de leur entourage. Innovateurs, ils défient les conventions, depuis longtemps, et portent parfois sur eux les cicatrices de confrontations avec l’ordre établi, qu’il soit familial, scolaire ou professionnel. Bref, notre entrepreneur n’est pas le gendre idéal.  Et c’est là que nous revoyons un aspect de notre métier &lt;a href=&quot;http://bit.ly/bA3pnA&quot;&gt;évoqué en février 2009&lt;/a&gt;. Nous sommes un intermédiaire entre nos investisseurs, conservateurs par définition, et nos entrepreneurs, transgressifs par construction, du moins dès qu’il s’agit de leur entreprise. Les uns, qu’ils me pardonnent le trait, en conservateurs authentiques, pensent que rien ne doit être fait pour la première fois. Nos ouailles, qui n’ont rien de douces brebis, ne pensent qu’à changer le monde, à bouleverser l’ordre établi.  Nos bailleurs de fonds nous jugent sur l’efficacité du capital investi et, justement, pour un meilleur rendement, nous ne devons absolument pas investir dans ‘’l’ordre établi’’. Dans un marché mûr, se faire une place au soleil coûte très cher. Il nous faut donc investir dans un marché à ses débuts, juste avant ou juste après le ‘’genou’’ de la fameuse courbe en S. De là à nous vanter d’investir dans des marchés non existants...  Il nous faut donc des visionnaires, des femmes et des hommes qui ne voient pas ce que nous, humains ordinaires, ne pouvons percevoir, englués que nous sommes dans la pensée ‘’dérivative’’ : nous nous contentons de plus rapide, plus petit ou plus grand, ou moins cher qu’hier, alors qu’il faut innover radicalement.  Et il nous faut trier. Il y a &lt;a href=&quot;http://bit.ly/9uio4R&quot;&gt;les avions renifleurs&lt;/a&gt; et il y a &lt;a href=&quot;http://bit.ly/btnqPi&quot;&gt;Xerox Parc&lt;/a&gt;, matrice des ordinateurs personnels modernes. D’un côté, illusion voire pire ; de l’autre, une vue documentée de l’avenir de toute une industrie. Un des partenaires de &lt;a href=&quot;http://www.sequoiacap.com/&quot;&gt;Sequoia&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.sequoiacap.com/us/douglas-leone&quot;&gt;Doug Leone&lt;/a&gt;, soutient qu’on ne peut plus innover passé 30 ou 35 ans. Il ajoute, sans originalité, que l’entrepreneur doit avoir une connaissance profonde du domaine qu’il entend exploiter avec nous. Imaginez le contraire. Disons plutôt que pour avoir une vision originale, plutôt que les dérivations brocardées ci-dessus, il faut à la fois des connaissances d’une profondeur exceptionnelle et une très forte fixation affective sur le sujet, ingrédients qui vont souvent de pair, le désir entraînant le savoir.  Reste ensuite à travailler, à faire équipe avec l’individu. C’est-à-dire à concilier personnalités et intérêts, y compris ceux de nos co-investisseurs, à traverser les crises inévitables. Difficultés personnelles parfois, cela va avec les ‘’riches’’ personnalités. Professionnelles le plus souvent : retards dans le développement, concurrence imprévue, erreurs sur le vécu de l’utilisateur, technologie espérée qui ne se présente pas au rendez-vous.  C’est ce qui fait la complexité, mais je préfère dire la richesse de notre métier, ses multiples dimensions : nous aimons les entrepreneurs, leur énergie, leur enthousiasme, leur savoir. Il arrive qu’ils nous le rendent bien. Mais notre devoir est de ne pas l’exiger, d’accepter nos différences.</description>
    </item>
    <item>
      <title>Le Web 3.0 - NdL 62</title>
      <link>http://www.aresventures.com/Site_Ares_Ventures/Blog/Entrees/2010/2/8_Le_Web_3.0_-_NdL_62.html</link>
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      <pubDate>Mon, 8 Feb 2010 20:57:01 -0800</pubDate>
      <description>Le monde du high-tech, au-delà du seul microcosme du capital risque, est affligé de quelques tics.  Par exemple, il nous faut régulièrement proclamer l’avènement d’une ‘’ère’’, l’arrivée d’une ‘’vague’’. Annonce souvent prématurée, issue du besoin de se protéger des conséquences d’un revers éventuel en assénant par avance cet argument imparable : ‘’tout le monde le fait’’. (Voyez sur ce point une note passée, Moutons Visionnaires, &lt;a href=&quot;http://bit.ly/aresmoutons&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.)  Ainsi, nous eûmes l’année du LAN, Local Area Network, du réseau local, proclamée… trois ans de suite. Pour se terminer heureusement par la banalisation d’Ethernet sur paire torsadée, puis sa version sans fil WiFi.  La démangeaison du moment est le Web 3.0, preuve de notre paresse intellectuelle. Le Web 1.0 naquit autour du butineur de Netscape, le passage au Web 2.0 est attribué à la généralisation de techniques interactives comme AJAX (Asynchronous Javascript and XML), une meilleure façon d’animer les pages de la Toile.  Donc, pour à la fois attiser les appétits et déployer une couverture collective, faisons preuve d’imagination et proclamons l’avènement du Web 3.0.  Malheureusement, une guerre picrocholine oppose deux définitions de la nouvelle ère : le Web ‘’plus intelligent’’ et le ‘’Web des objets’’.  Une plus grande intelligence du Web : on atteint ici au sublime, par exemple avec l’OWL, Ontological Web Language, le langage ontologique du Web. &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ontologie_(informatique)&quot;&gt;Ontologie &lt;/a&gt;? ‘’En philosophie, l'ontologie (du grec ὄν, ὄντος, participe présent au neutre du verbe être) est l'étude de l'être en tant qu'être, c'est-à-dire l'étude des propriétés générales de ce qui existe.’’ L’article de Wikipedia que je cite n’éclaire que ceux qui connaissent bien le sujet et/ou qui vivent de son obscurité.  En termes plus pratiques et surtout plus simples, l’idée est de mieux étiqueter les informations du Web, d’enrichir les metadata, les informations au sujet des informations. Par exemple : une photo pourrait se limiter à ses pixels. Le plus souvent, elle est accompagnée de metadata saisies automatiquement, notez l’adverbe : nom de l’appareil, date et heure, vitesse, ouverture, sensibilité ISO de la ‘’pellicule’’. On commence à y ajouter le lieu, les cordonnées GPS, sur un téléphone chic. Généralisons. L’idée est que chaque document soit entouré d’une constellation de metadata le commentant, donnant ses origines, explicitant son sujet, ses intentions. Même chose pour les composants du document. Le nuage de méta-données pourra devenir aussi volumineux que le sujet, aussi ‘’conséquent’’, au moins aussi riche de liens. Naturellement, ces descriptions/explications utilisent un dialecte de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Extensible_Markup_Language&quot;&gt;XML&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.yoyodesign.org/doc/w3c/owl-guide-20040210/&quot;&gt;OWL&lt;/a&gt;, évoqué plus haut.  L’idée est d’une immense ambition, immense au sens étymologique : sans mesure, incalculable. En effet, comment créer le nuage de metadata autour du document ? Si c’est un effort humain, le coût intolérable va limiter l’application. Si c’est un automate, cela revient à dire qu’il est intelligent, qu’il comprend ce que le document ‘’veut dire’’, c’est l’éternel retour de l’intelligence artificielle qu’on déguise aujourd’hui en machine learning, en acquisition mécanique des connaissances.  Pour le capital risque, c’est trop… risqué.  Reste l’autre définition du Web 3.0 : le Web des objets. Là, aucune percée scientifique, c’est l’inexorable progrès technique qui nous y mène naturellement. Chaque cycle de la &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Moore&quot;&gt;Loi de Moore&lt;/a&gt;, le doublement de la puissance des semi-conducteurs tous les dix-huit mois, permet soit des calculateurs plus puissants, soit des machines de plus en plus petites, de plus en plus économes en énergie à puissance de calcul égale. Nous allons donc vers l’invasion des objets qui nous entourent par des légions de minuscules calculateurs. Certains se contenteront de capter et transmettre, avec ou sans fil, des informations sur la teneur en oxyde de carbone de l’air ambiant, ou en dioxine de l’eau courante, ou en oxygène du sang. D’autres auront des actuateurs, des micro-muscles capables d’intervenir au delà du constat et du message : ouvrir ou fermer une vanne, un circuit, orienter un capteur, déplacer un objet.  Nous n’en sommes pas encore au culot intelligent pour une lampe d’éclairage qui mesurerait l’usure du filament et alerterait le service d’entretien avant la panne, ou mettrait en circuit un filament de rechange. C’était le rêve d’un des parrains d’Apple, le premier financier de la maison et longtemps administrateur de l’entreprise : Mike Markkula, fondateur &lt;a href=&quot;http://www.echelon.com/company/investor/corpgov/boardofdirectors.htm&quot;&gt;d’Echelon&lt;/a&gt;, dont la vision était juste un peu trop en avance sur les possibilités des semi-conducteurs.  Mais regardons autour de nous : nos voitures sont déjà habitées de plusieurs dizaines de microprocesseurs et, pour certaines, d’une paire de réseaux informatiques en fibre optique. Nos autos ont déjà leur Web des objets – avec les tracas qui accompagnent l’importance croissante du logiciel, pensons à Toyota. C’est grâce au besoin de fiabilité et de faible coût de l’industrie automobile que nous avons les accéléromètres de nos téléphones magiques et de nos consoles de jeux. Et c’est grâce aux investissements des opérateurs dans les réseaux sans fil que les objets vont communiquer, avec, pour de courtes portées, des protocoles comme &lt;a href=&quot;http://www.filrfid.org/article-6544436.html&quot;&gt;Zigbee&lt;/a&gt;.  Pour revenir à ‘’l’année de...’’, nous avons vécu, depuis les antédiluviennes années 70, les nombreuses tentatives de consécration de la domotique. Terme opportun, ambitieux, réalité moins heureuse – jusqu’ici. Mais, pour nos investissements, nous voyons une conjonction : la nécessité de mieux gérer l’énergie rencontre la Loi de Moore et le CleanTech nous conduit au Web 3.0, au Web des objets.  Une meilleurs attention au coût de l’énergie, une réglementation incitative ont donné une avance aux entreprises françaises, grandes et petites, de ce domaine. Ce qui devrait les pousser à une ambition mondiale que nous ne serons que trop heureux de soutenir. </description>
    </item>
    <item>
      <title>Steve Jobs, messie de la presse ? - NdL 61</title>
      <link>http://www.aresventures.com/Site_Ares_Ventures/Blog/Entrees/2010/2/1_Steve_Jobs,_messie_de_la_presse_-_NdL_61.html</link>
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      <pubDate>Mon, 1 Feb 2010 20:46:19 -0800</pubDate>
      <description>L’idée n’est pas mienne : elle faisait le titre d’un &lt;a href=&quot;http://bit.ly/stevemessie&quot;&gt;article du Nouvel Obs&lt;/a&gt; il y a deux semaines. Le papier, un des meilleurs du genre sur le sujet ‘’iPad et la presse’’, pose la question : la tablette d’Apple est-elle le moyen, enfin, de faire payer les lecteurs électroniques ?&lt;br/&gt;Coiffant mes deux casquettes d’avide lecteur et de pratiquant du capital risque, je réponds sans hésiter : l’iPad est un moyen.  Il faudra aussi que la presse s’aide, ce qui n’est pas toujours le cas aujourd’hui. Essayez de vous abonner en ligne à certains quotidiens et magazines et comparez avec Amazon ou iTunes... Pardonnez-moi, mais on se croirait au bon temps de l’Allemagne de l’Est.  Conséquence de l’annonce de l’iPad, je reçois un appel téléphonique puis un courriel d’un hebdomadaire français : ‘Nous ne savons pas qui contacter chez Apple pour un partenariat, une édition électronique sur iPad. Pouvez-vous nous aider ?’ Je sonde un ami qui, obligeamment, me fait savoir qu’il cherche la bonne filière.  Et je finis surtout par me réveiller : point n’est besoin de contact, inutile de demander audience au Grand Timonier ou à un de ses séides. Tout est prêt, là, sous la main ! Le magazine en question n’a pas besoin de baiser quelque anneau que ce soit : l’iPad, iTunes et l’App Store (la bibliothèque d’applications pour iPhones et maintenant iPad) sont disponibles.  Expliquons-nous.  Vous engagez un programmeur, voire prenez une licence d’une application ‘’blanche’’, à mettre à vos mesures. L’idée est de diffuser une application iPad gratuite qui présente le sommaire de la semaine, quelques amorces d’articles un peu piquants, la photo choc du jour... Vous voyez l’idée. Depuis l’été dernier, la plateforme logicielle iPhone/iPad permet de faire des achats depuis l’intérieur de l’application, sans sortir de cette application pour aller à un site d’e-commerce, sans dégainer sa carte de crédit. Votre compte iTunes suffit.  Dans le cas de notre magazine, je peux donc acheter le numéro de la semaine, clic, mon mot de passe iTunes et le numéro apparaît sur mon iPad.  Certains objecteront que cela revient à ‘’abandonner’’ 30% du prix de vente à Apple. Mon dieu ! Disons 2€ pour la version électronique, moins 30% pour Apple, reste 1,4€. C’est incomparablement plus que ce qui reste au bout de la ‘’filière carbone’’ d’aujourd’hui : imprimerie, distribution, pollution. Et, sur l’écran séduisant de l’iPad, avec un utilisateur connu, la publicité est plus efficace, plus rentable pour le magazine.  Certes, il faudra au moins transcrire le magazine en PDF ou au format EPUB, un standard ouvert choisi par Apple, après Sony et d’autres, pour ses livres électroniques. Cet aggiornamento n’est pas facile : il revient à penser, sentir, faire en sorte que le magazine ou le quotidien électroniques soient au centre de l’effort de conception et de réalisation, et que le papier devienne un sous-produit. Aujourd’hui, c’est l’inverse.  Jetez un coup d’oeil &lt;a href=&quot;http://vimeo.com/8217311&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; sur la maquette &lt;a href=&quot;http://vimeo.com/8217311&quot;&gt;Mag+&lt;/a&gt;. Vous verrez ce que le groupe d’édition Suédois Bonnier pense des magazines de l’avenir. Très beau, j’oserai dire très Apple.  À la présentation de l’iPad à San Francisco, le New York Times montrait une maquette de son application iPad : la ‘’Grey Lady’’, qui offre déjà un des meilleurs sites Web du genre, ne veut pas laisser passer l’occasion offerte par l’iPad.  Mais on lit ici et là qu’Apple va faire à la presse ce que l’entreprise a fait à la musique numérique, c’est-à-dire la mettre à sa sandale. C’est oublier que sans iTunes ce serait la piraterie incontrôlée, ce serait passer sous silence que les sites comme celui de Sony Music, pourtant pas dénué de contenu, ont été des échecs cuisants, montrant que ce que fait iTunes est faussement simple.  On verra donc des tentatives de sites de groupes de presse offrant abonnements et numéros isolés. Pourquoi pas. Mais, pour revenir à mes déconvenues avec les sites actuels, on peut se demander s’ils seront meilleurs et reviendront moins cher que les 30% d’Apple pour la logistique informatique, les téléchargements et les micro-paiements. Comme aime à se moquer un de mes ingénieurs : c’est plus cher mais, rassurez-vous, c’est moins bien.  Autrement dit, les magazines et quotidiens vont ils échanger le quasi-monopole de la distribution physique d’aujourd’hui pour un autre, électronique celui-là ? Ce n’est bien sûr pas souhaitable et, dans mon rôle d’investisseur, j’aimerais bien trouver l’occasion d’investir dans un pôle de distribution de contenu, moins gigantesque, plus spécialisé.  Toujours dans l’ordre de l’investissement, je crois que l’iPad va faire éclore et fleurir des éditeurs indépendants, pour des produits spécialisés, agiles : manuels, tours de main, études, feuilletons, guides, petits secrets et autres tip sheets, bons tuyaux.  Pour en revenir à notre magazine, Steve Jobs n’est pas le messie, mais l’iPad (n’oublions pas ses concurrents à venir) est un bon outil pour enfin monétiser sa version électronique.</description>
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